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20 mai- ADMINISTRATEUR, le nom le dit pourtant. Il s’agit de prendre des décisions, d’établir des orientations, d’engager du personnel et parfois de le remplacer.
Il suffit également de penser aux autres conseils d’administration, de compagnies que nous connaissons tous.
Alors, dans combien de ces compagnies publiques ou privées, les administrateurs quittent-ils la table des décisions pour aller changer des ampoules dans les corridors, passer la balayeuse dans les couloirs, vider les poubelles, faire un petit coup de peinture, raccorder quelques tuyaux, vérifier le « ph » de la piscine ou expertiser eux-mêmes l’immeuble qu’ils administrent?
Réponse : Dans aucun conseil d’administration, sauf celui d’un syndicat de copropriété! Alors pourquoi? et d’où vient cette habitude qui peut, sous prétexte de faire économiser quelques sous à la copropriété, finir par coûter très cher à l’ensemble des copropriétaires.
D’une part ce n’est pas le rôle ou le mandat de l’administrateur, mais toute erreur commise dans la réalisation de ces travaux «hors mandat» pourrait ne pas être couverte par l’assurance de la copropriété qui ne vise que les erreurs prises lors des décisions du conseil d’administration.
De plus, le syndicat de copropriété a l’obligation de faire affaire avec des professionnels qualifiés, notamment pour des travaux de plomberie, d’électricité, etc…
Quant aux différentes expertises à faire sur l’immeuble qu’ils administrent, inutile de dire que le syndicat de copropriété et le conseil d’administration ont tout intérêt à faire affaire avec des professionnels qualifiés, indépendants et assurés qui détermineront les problèmes de l’immeuble et les solutions à y apporter, le cas échéant, ou sur lequel les administrateurs se baseront pour établir adéquatement les sommes à requérir des copropriétaires « frais de condo ».
Cette pratique des administrateurs à « concierger » leur immeuble et les conséquences de cette pratique sont restées peu connues dans le monde de la copropriété jusqu’à tout récemment puisque les copropriétés vieillissent et les résultats de ces actes posés «pour bien faire et pour ne pas que ça coûte trop cher» se font actuellement ressentir dans beaucoup d’immeubles.
En effet les conséquences de mauvais diagnostic et de réparations inadéquates faites, doivent maintenant être assumées par les nouveaux copropriétaires de ces copropriétés. De plus, la Régie du bâtiment sanctionne toute personne non qualifiée qui effectue des travaux dans un immeuble de copropriété.
Alors, cher administrateurs, réfléchissez deux fois plutôt qu’une avant d’entreprendre des actes hors mandat et n’attendez pas que l’assureur nie couverture ou de recevoir une amende pour avoir réalisé des travaux pour lesquels vous n’étiez pas qualifiés et assurés.
Quant à vous, chers copropriétaires, soyez vigilants des actions posées par ces administrateurs «à tout faire». La sécurité de l’immeuble et l’assurance de celui-ci peuvent être en péril de même que votre portefeuille.
Montréal, le 20 mai 2011
Marie-Cécile Bodéüs, Avocat DE GRANDPRÉ JOLI-COEUR 2000, avenue McGill College Bureau 1600 Montréal (Québec) H3A 3H3 Tél. : (514) 287-9535 Fax : (514) 499-0469 Courriel :
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